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N’oubliez pas le guide SVP !

N’oubliez pas le guide ! La visite guidée gratuite d’une grande ville a des airs de bonne affaire. Cela constitue même une excellente première approche. Pourtant, ce n’est pas gratuit pour tout le monde.

En un coup d’œil

Dans presque toutes les villes touristiques, le voyageur se voit inviter à des visites guidées gratuites. Le plus souvent, la communication se fait par voie d’affiches apposées à la réception des hôtels. Le modèle est simple et attrayant. Un guide fait le tour des hôtels où il passe prendre les touristes en charge. Une autre façon est de donner rendez-vous aux visiteurs en un lieu connu de tous.

Les touriste se rejoignent au centre ville (c) Alain DemaretJe n’avais jamais pris part à ce type de divertissement avant de faire la connaissance de Max. C’est un jeune Allemand avec lequel je suis devenu copain. Je raconte notre rencontre ici. On partageait la même chambre dans un hôtel pour Backpackers. C’est lui qui m’a convaincu de faire la visite guidée de Lisbonne. J’ai accepté en traînant un peu les pieds. Je ne l’ai pas regretté.

Des groupes en fonction des langues

Notre aventure commence à la réception de notre hôtel où un guide passe nous prendre à l’heure indiquée sur l’affichette. Direction : le centre-ville, où on rejoint près d’une centaine d’autres participants. Toutes les langues sont présentes. Une personne vêtue de l’uniforme de la compagnie organisatrice prend les visiteurs en charge. On nous sépare donc en petits groupes en fonction des langues qu’on pratique. Notre Guide s’appelle João. Il est portugais, mais parle français et anglais. C’est un musicien assez connu dans la ville. On sent tout de suite qu’il aime sa culture et j’admets qu’il possède un vrai talent pour transmettre sa passion.

Le guide partage un fragment de son quotidien

Après la répartition linguistique, notre groupe se compose encore d’une trentaine de personnes. C’est plus commode quand on s’attarde devant un monument ou que l’on doit traverser une rue. Comme prévu, le guide nous a emmenés voir les “incontournables” monuments de la capitale. Il nous a mis en garde contre certains pièges à touristes. L’histoire du Portugal a été passée en revue et on a appris pas mal de choses.

João (c) Alain DemaretLa réelle plus-value, c’est que João nous a aussi baladés dans les petits coins de sa ville. Ceux qu’il affectionne et qu’il fréquente lui-même. J’ai pris beaucoup de plaisir à l’écouter nous raconter les célébrités de la ville, le terrible tremblement de terre de 1755 et l’évolution des quartiers de Lisbonne qui s’en est suivie. Jamais il n’a été avare en infos pratiques et judicieuses. Le concept est intéressant. Mais ce qui apporte tout son sens à l’expérience c’est la manière attrayante et vivante avec laquelle João a partagé un fragment de son quotidien.

N’oubliez pas le guide SVP

Après un peu plus de 2 h 30, João explique qu’il ne percevra que nos pourboires comme seule rémunération du temps passé avec nous. Mais un café et quelques confidences plus tard, j’ai compris pourquoi il s’est dépensé avec tant d’ardeur pour conquérir son public.

Un système pas si gratuit que ça

L’idée de gratuité n’existe que du côté du touriste. À l’issue de son accompagnement, le guide avait expliqué que seuls les pourboires qu’on lui avait versés comptaient pour sa rémunération.

Mais ce qu’il omet souvent de dire, c’est que pour avoir le droit d’être guide, c’est payant. Il doit verser une “prise en charge” pour chaque visiteur de son groupe. Alors, à la fin de la visite, surtout si elle est gratuite, n’oubliez pas le guide.

“L’entreprise qui organise les visites doit rémunérer la publicité qu’elle déploie pour faire connaître son business”, m’explique un guide parisien. “Mais en même temps, elle s’affranchit de frais salariaux, de taxes et de bien d’autres tracasseries. En plus, elle ne prend aucun risque financier puisque c’est le guide qui, par contrat, lui versera son dû en fonction du nombre de participants au départ”. Et tout cela est aussi légal que peut l’être le système Uber par rapport aux taxis. “Certaines villes se réveillent et imposent un cadre plus strict, mais ce n’est pas encore une généralité”, conclut-il.

Mes recommandations :

Si vous participez à ce genre de visite, n’oubliez pas le guide. N’hésitez pas à laisser un pourboire de sept à quinze euros pour que votre guide puisse vivre. Il ne sait jamais s’il rentrera dans les frais qu’il a engagés pour prendre son groupe en charge.

Son revenu n’est pas assuré au quotidien. Il dépend de la météo, du nombre de personnes dans le groupe, de sa capacité à attirer la sympathie et de la bonne volonté des touristes.

Payez le guide (c) Alain DemaretÀ la fin de l’excursion, on était encore une petite vingtaine à suivre João. Une dizaine de personnes ont abandonné le groupe dans les dernières minutes. Peut-être frileuses de mettre la main à la poche.

Je n’ai pas regardé combien les gens donnaient, moi je lui ai glissé dix euros. Max en a donné sept et nos voisins en ont offert quinze chacun. À nous quatre, on avait déjà un peu renfloué les caisses de notre guide, et c’est très bien comme ça.

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