Max, 20ans, un peu fatigué

Max, 20 ans, la tête sur les épaules

Max, un jeune Allemand de 20 ans, a d’abord choisi de travailler en Australie avant d’alimenter un bas de laine et d’enfin s’offrir deux mois de tour d’Europe en train.

En un coup d’oeil

J’ai rencontré Max lors de mon retour de la Rota Vicentina. C’est lors de ma deuxième journée à Lisbonne que j’ai croisé la route de ce jeune allemand, blond qui avit la tignasse en bataille. Ce n’est pas qu’une image, on avait vraiment l’impression que les cheveux se livraient une vraie petite guéguerre sur sa tête. J’arrivais à l’hôtel, je venais d’entrer dans la chambre pour prendre possession de ma couchette, lui était sur le point de la quitter pour aller en ville. Après avoir échangé quelques banalités, il est parti rejoindre une amie. Cependant, un courant de sympathie était passé entre nous. On a quand même eu le temps de se donner rendez-vous en fin de journée pour partager nos impressions sur la capitale portugaise.

palemo.net - Lisbonne - Pink Street 1716
Lisonne, Pink Street de jour, plutôt morne (c) Alain Demaret,
palemo.net - Lisbonne - Pink Street 2010
palemo.net - Lisbonne - Pink Street 2039

Une Guinness sur la photo

J’ai parcouru la ville à la recherche de choses insolites à voir. Comme d’habitude, j’ai choisi de me perdre. À un moment, je voulais quitter une rue trop animée, quand j’ai aperçu la fameuse “Pink Street” en contrebas. Ce quartier de Lisbonne est célèbre pour ses bars et son ambiance nocturne débridée. J’avoue qu’en pleine journée, c’est plutôt morne plaine. En marchant, toujours sans but, instinctivement, mon œil a été attiré par un de mes repères favoris. Une enseigne Guinness annonçant la probabilité d’un Irish Pub. Je suis entré. J’ai commandé une pinte. Il n’a pas fallu longtemps pour que la jolie fille dans le bar me propose de me prendre en photo, ma boisson préférée à la main, après l’eau, le café et le thé, bien sûr. Je vous livre le résultat ci-dessous. Pas mal hein ?

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En dicutant un peu, j’ai retenu qu’elle était Ukrainienne et qu’elle avait 24 ans. Qu’elle faisait ses études à Lisbonne pour apprendre le portugais et gagner un peu d’argent ! Tout ça avant de retourner à Kiev où un pseudo fiancé l’attendait. Un ticket vous dites… ? Bien sûr que non, c’est comme dans tous les pubs branchés. Ces filles font du gringue pour poser le plus de verres possible devant les consommateurs et empocher une petite commission et un pourboire au passage. C’est de bonne guerre.

Lisbonne, le tram 28 (c) Alain Demaret

Le fameux tram 28

Après ma pinte, je suis reparti en exploration dans le centre de la ville. J’ai d’abord pris le fameux tram 28, j’en reparlerai plus tard dans un article sur la visite de Lisbonne. Puis je me suis dirigé vers la rive du Tage. J’ai longé le ministère de la marine militaire et ses magnifiques drapeaux qui flottaient au vent… Je crois que je suis passé devant tout ce qu’il y avait à voir en oubliant de me rendre à la tour de Belém. Sacrilège ! Shame on me!

À la fin de la journée, je suis rentré à l’hôtel pour retrouver mon nouveau pote Max. Il était assis sur son lit en train de lire. Comme je lui donnais un peu plus que son âge, genre 23-24 ans. Max a rigolé. Il a rectifié en m’annonçant qu’il n’en avait que 20. C’est à ce moment-là qu’il m’a proposé de descendre goûter le cidre portugais. Ce gars avait vraiment cet abord facile que possèdent les gens qui ont beaucoup voyagé dans les “Backpacker’s Hostels”.

L’Australie comme point de départ

C’est devant deux verres de ce fameux cidre qu’il m’a raconté un bout de son périple. À la fin de ses études, Max a préféré voyager un peu avant de se consacrer pleinement à l’université. C’est en Australie qu’il a commencé son voyage, tout simplement parce que c’était un rêve. En arrivant, il a visité et fait la fête. Très vite, il s’est trouvé un job et s’est encore amusé. À la fin, quand il a eu gagné assez d’argent et qu’il en a eu assez de festoyer, il a quitté le continent des kangourous pour poursuivre son voyage.

“Quand je suis arrivé là-bas, j’ai d’abord voyagé. Je me suis bien amusé. Puis j’ai trouvé un boulot dans une ferme du Queensland. J’étais nourri et logé. J’avais les soirées et les week-ends libres. Et en plus j’étais payé 27 dollars de l’heure pour passer mon temps au volant d’un tracteur qui se conduisait tout seul. Les lignes étaient tellement longues… C’était piloté par GPS, je n’avais qu’à faire demi-tour au bout de la ligne. Tellement monotone que je pouvais lire en conduisant. Au bout de trois mois, j’ai eu assez d’argent pour me payer un abonnement Interrail de deux mois et une réserve de 50 euros par jour pendant tout le voyage. Alors je suis rentré. Depuis juillet, je vais où j’ai envie d’aller”.

Max 20 ans et Alain 51 (c) Alain Demaret - Septembre 2019

En Europe, Max a visité de nombreux pays. Il est resté longtemps dans le sud de l’ancien bloc de l’Est. Bosnie, Croatie, Slovénie… “En Slovénie, je pouvais dormir et faire la fête pour bien moins que 50 euros par jour. J’ai beaucoup aimé“. En discutant, il m’a fait le catalogue complet des régions qu’il avait vues, mais ses meilleurs souvenirs se trouvaient dans les Balkans.

Pourquoi ce portrait ?

Si j’ai envie de vous parler de Max, 20 ans, c’est parce que notre dernier jour à Lisbonne, hé bien on l’a passé ensemble. D’abord, ça a été une vraie galère de trouver un moyen de transport pour quitter l’embouchure du Tage. Entre les avions, hors de prix et le bus, trop lent, on n’a pas eu le choix. Il ne restait que le train. Après avoir trouvé une solution à la gare de Santa Apolonia, on a enfin pu se détendre. À partir de cet instant, c’est peut dire qu’on s’est  franchement bien amusés. Rentré à l’hôtel pour libérér la chambre, c’est très économiquement parlant que l’on est descendus pour le petit déjeuner compris dans le prix de notre hébergement. On l’a pris très copieux, en faisant quelques provisions pour la route. Puis on a laissé nos bagages dans la “locker room”, avant d’honorer le rendez-vous que nous avions pris avec un guide local pour une visite gratuite du quartier historique de Lisbonne (j’en parle dans cet article).

Dernier jour à Lisbonne

Après cette visite, intéressante et vivante, on a fait quelques achats pour la route. De la nourriture surtout et quelques souvenirs. On s’est préparé un petit en cas qu’on a mangé sur un banc en face de l’eau dans le Cais de Sodre. Max a commencé sa bouteille de Vino Verde. J’ai goûté ! Ce n’est pas ce que je préfère. Après, passage au pub irlandais, moi une Guinness, lui un grand verre de cidre pour rester dans le style “vin”.

Le pont de Lisbonne (c) Alain Demaret 2019
Lisbonne (c) Alain Demaret 2019
ALain (c) Alain Demaret

Et puis, comme on avait encore pas mal de temps, on a marché vers le pont qui enjambe le fleuve. C’est le petit frère du fameux Golden Gate de San Francisco. Un prétexte pour prendre pas mal de photos, comme vous pouvez le voir ci-dessus. Max m’a piqué mon téléphone pour tirer mon portrait et moi j’ai fait de même avec son appareil photo. Voilà qui explique pourquoi je n’ai pas beaucoup d’images de cet ami éphémère.

L’histoire de Max

Chemin faisant, on s’est parlé de nos expériences. C’est là qu’il m’a confié que son grand-père avait quitté l’Allemagne pour la Russie pendant la Première Guerre mondiale. Ses parents avaient profité de l’offre du gouvernement allemand de permettre aux expatriés des deux dernières guerres de revenir sur le territoire national à l’occasion de la chute du mur de Berlin.

Max est donc né en Allemagne. Une nationalité qu’il embrasse sans conditionsmême s’il partage un peu de ses racines russes avec ses parents, sans plus. Son petit côté international m’a plu. Sa démarche australienne aussi. Une petite pointe de jalousie, peut-être. Si j’avais été moins couard, j’avais l’occasion de faire de même quand j’avais 20 ans. Mais je n’ai jamais eu l’envie ou le courage d’aller plus loin que l’Europe.

Adieux

En quittant le Portugal, c’est vers la Croatie ou la Slovénie qu’il avait prévu d’épuiser les derniers jours de son abonnement Interrail avant de rentrer en Allemagne. Nous avons embarqué dans le même train. On a repéré son compartiment dans un des wagons de queue. Il partageait sa banquette avec d’autres voyageurs. J’avais réservé une couchette. Une cabine individuelle avec deux lits. J’ai proposé de l’héberger pour que le trajet vers Madrid lui paraisse plus confortable, mais le chef de convoi n’a pas donné son accord. C’est donc sur le quai qu’on s’est quitté, sans échanger nos coordonnées. On a choisi de faire confiance au destin qui décidera si on doit se revoir ou non..

So Max, Max. I promised you that one day I would write about that crazy last day in Lisbon and publish it. Promise kept!
So long pal. Hope I’ll see ya once again.

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