Aventure dans le jardin (c) Jordan Rowland (Unsplash)

L’aventure au coin de la rue

L’aventure au coin de la rue, ça vous tente ? C’est tout le charme de la microaventure, pimenter son quotidien pas trop loin de chez soi. Un concept n’a jamais été autant d’actualité que depuis le début du confinement. 

En un coup d’œil

La nuit passée, il faisait très chaud. Je me suis réveillé en sueur. Alors, j’ai pris une douche. Puis, comme j’étais bien éveillé, je me suis dit qu’aller chercher un brin de fraîcheur en faisant le tour du quartier n’était pas une mauvaise idée. Dans mon village, on est à moins de 200 mètres des campagnes. Ce parcours, je le connais par cœur. Quand j’étais jeune, je m’y abrutissais en petites foulées rapides pour m’entraîner aux courses de fond. Malgré tout, j’ai fait une découverte. Voici ma dernière microaventure.

Courte balade nocturne

Eglise d'Oleye (c) Alain Demaret
Ma rue à 2h du matin (c) Alain Demaret

Ce n’est pas parce que l’on marche dans le noir qu’on ne voit rien. La lampe frontale que j’avais emportée est restée dans ma poche. Je n’ai pas eu besoin de l’allumer. Dès les premiers mètres, ma vue s’est adaptée à la pauvre lumière de l’éclairage public. Confrontée à l’obscurité notre vue s’adapte et nous permet d’y voir un peu… et même beaucoup.

Dans les campagnes, je me suis rendu compte que mon champ de vision était bien plus large que je ne l’avais imaginé. J’ai croisé un lièvre qui n’était pas trop farouche et je me suis arrêté. De la sorte, j’ai pu suivre son petit parcours. Il s’arrêtait de temps à autre les oreilles aux aguets, puis il les repliait vers l’arrière et il continuait à gambader. Un tout petit plaisir, mais qui n’a pas de prix.

J’ai continué à marcher. Quelques bruits inconnus effleuraient mes oreilles. J’étais dans l’inconnu… Arrivé à un chemin que je n’avais pas prévu de prendre, j’ai décidé de sortir de ma zone de confort. Mon aventure nocturne se prolongea d’un bon kilomètre.

Le chemin s’enfonçant entre de profonds talus, les arbres qui s’entrecroisaient m’ont procuré un toit de fortune. De nombreux bruissements sont à nouveau venus éveiller ma curiosité et titiller mon imagination. Le temps n’a pas la même durée qu’en plein jour. À quelques mètres de la maison, une lampe au sodium donnait une lumière glauque qui cadrait bien la fin de l’aventure. Un chat est passé en silence, j’ai juste vu son regard refléter la lumière ambiante.

Si vous avez une boule de poils qui remue tout le temps la queue, n’hésitez pas à l’emmener avec vous, il sera tout content de faire une sortie nocturne, lui aussi.

Une ville sous la lune

Parfois, il me prend l’envie d’aller voir de nuit ce que je connais de jour. Je ma balade souvent au bord de la Meuse à Liège. Il y a des illuminations magnifiques. J’ai aussi parcouru le quartier où je travaille, un soir où j’avais envie de me promener. Regardez les jolies photos ramenées de ces promenades improvisées.

Liège la nuit (c) Alain Demaret
Gare des Guillemins (c) Alain Demaret
Pont de Fragnée (c) Alain Demaret

Ne perdre aucune occasion

Camping at night (c) Emmanuel Maceda (Unsplash)En écrivant ces lignes, je me suis rappelé l’histoire que m’avait racontée Sylvie à l’automne dernier :

C’était Halloween, les températures étaient encore très douces, même la nuit. Avec mon mari et ma fille de six ans, on a décidé de vivre cette fête de l’intérieur. On voulait se faire un peu peur. On a dormi dans le jardin, sous la tente. Mon homme a tout préparé sur la terrasse et la pelouse. Moi je me suis mise au fourneau pour préparer un repas simple qui pouvait se déguster sous la tente. Une fois dehors, on ne voulait plus rentrer dans la maison avant le lendemain matin. Nous avons participé au cortège organisé par l’association de quartier. Puis nous sommes rentrés directement à la tente, sans passer par la maison.

Nous avons mangé, et ma fille a commencé à raconter une histoire “qui fait peur”. Et bien, croyez-le ou non, pendant toute la nuit, j’ai été à l’affût du moindre bruit. Dormir dehors permet de découvrir ou redécouvrir qu’il y a de la vie dans la nature lorsque l’on est pelotonné bien au chaud au fond de notre lit. C’est parfois angoissant, souvent grisant, mais si ma fille a dormi à poings fermés, mon mari et moi avons eu plus de mal. C’était une vraie aventure. Heureusement, le lendemain, c’était un samedi et nous avons pu faire une grasse matinée mémorable, ponctuée par un petit déjeuner au lit servi par… notre petit trésor qui s’était levé sans nous réveiller.

L’imagination est la seule limite

Faire ses courses (c) Clem Onojeghuo (Unsplash)

Évidemment, toutes les microaventures ne doivent pas nécessairement se passer de nuit, il y a de nombreuse manière de changer son quotidien. Comme d’aller se promener dans le petit bois tout proche. Mais où on n’a jamais mis les pieds parce que “c’est trop près de la maison”. On peut suivre les RaVel, ces chemins aménagés pour la mobilité douce… Et parfois, c’est peut-être aussi facile que d’aller tout simplement faire ses courses à pied et se faire livrer à la maison. Notre imagination est la seule limite.

La microaventure sportive

Avez-vous déjà pratiqué le kayak ? La découverte de cette activité vous prendra une journée. C’est le type même de la microaventure à partager en famille, entre amis ou entre collègues. Il en est de même du Stand-Up Paddle (SUP). Là encore, on prend vite la maîtrise de l’engin. En deux jours de pratique, on peut même devenir un pro ! Ces deux activités nautiques ne demandent pas de gros investissement, il y a des loueurs un peu partout, ni de compétences physiques dignes d’un athlète olympique.

À vélo, partez de chez vous et laissez-vous porter par la route quitte à vous perdre un peu. Au bout d’un moment, repérez un panneau routier qui indique la direction de votre domicile. Frissons garantis. Et si vous êtes vraiment perdus, demandez votre chemin, il y aura toujours une bonne âme pour vous renseigner.

Se perdre à deux pas de St-Pancras à Londres (c) Alain DemaretÀ pied, partez à la découverte de votre environnement. Plutôt que de suivre votre itinéraire habituel, allez donc voir ce qui se cache au détour de cette petite rue devant laquelle vous passez tous les jours. Dans le quartier de Earl’s Court, à Londres, j’ai découvert de magnifiques jardins, des impasses improbables et des bâtiments tout simplement époustouflants. En attendant l’Eurostar, j’ai quitté la gare de St-Pancras pour explorer les alentours. Je n’ai pas été déçu. J’ai trouvé un antiquaire vraiment fou, avec plein d’objets étranges. J’ai flâné dans un parc sympa et admiré une très jolie petite église. Tout ça en tournant dans une rue, puis une autre et encore une autre… plutôt qu’en restant sur mon itinéraire privilégié. Temps perdu ? Une dizaine de minutes. Mais que de beaux endroits découverts.

J’aimerais laisser le dernier mot au Britannique Alastair Humphreys, l’inventeur du terme microaventure : “La microaventure, c’est un défi que l’on se fixe, seul, en famille ou entre amis, pour sortir du train-train quotidien“.

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One Reply to “L’aventure au coin de la rue”

  1. Sortir de l’ordinaire , c’est passer un peu de temps sur un banc public dans l’espoir de lire quelques pages… L’aventure, c’est quand la gentille policière te demande de partir parce que tu ne peux pas rester assis sur ce banc… Je dis gentille parce qu’elle et ses deux collègues ont été d’une extrême correction. Merci pour ça. Cette (més)aventure n’étais pas au coin de la rue, mais dans le parc tout proche… Ah ! Ce sacré confinement n’en fini pas !

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