Hôpital-Saint-Blaise (c) Alain Demaret 2018

Compostelle 3 – D’Arudy à l’Hôpital Saint-Blaise

D’Arudy à l’Hôpital-Saint-Blaise compte parmi les belles étapes de mon parcours vers la ville dédiée à Saint-Jacques. En voici les raisons.

En un coup d’œil

Réveil aux aurores, ou presque chez le père Pierre. Il fait encore sombre dehors. J’effectue la vérification du sac, un rituel qui va devenir une habitude. Je constate que les vêtements mis à sécher la veille sont bien en état de reprendre la route. Je traîne un peu avant de me diriger vers la salle de bains et là, par la fenêtre du couloir, j’ai la surprise d’apercevoir un magnifique soleil se lever. S’agit-il de la promesse d’une belle journée ?

Le petit déjeuner est expédié, le café servi par Pierre est réconfortant. Très vite, me voilà en route. Il faut d’abord quitter la ville pour aller dans la bonne direction. Je repars donc à la recherche de la dernière indication aperçue hier. Une dame promène son chien, je lui demande si je vais bien en direction d’Oloron Sainte-Marie. “Oh mon bon monsieur, mais par là, vous retournez dans le centre du village. Elle mène chez le curé“. Cette flèche est celle que j’ai manquée, sous la pluie, en voulant rejoindre la maison de l’abbé Pierre. – L’Abbé Pierre ! Je sais, ce n’est pas drôle, mais je n’ai pas pu m’empêcher de lui faire la remarque alors, il fallait bien que je l’écrive !

D'Arudyà l'Hôpital-Saint-Blaise, en route vers Oloron Sainte-Marie (c) Alain Demaret 2018

Sur la bonne route

La dame, toujours avec son chien, a insisté pour me remettre sur la bonne route. Quelques minutes d’une agréable compagnie et me voilà dans la direction adéquate. Le but de cette première partie de la journée demeure une arrivée à Oloron Sainte-Marie en fin de matinée. Je m’attendais à un relief assez important, je ne rencontre finalement que quelques courtes montées et autant de descente.

Je suis heureux de retrouver le soleil pour marcher. La température est idéale. Il ne fait ni trop chaud, ni trop froid. La circulation est assez clairsemée et j’aime cette semi-solitude. Quelquefois, je croise une maison, ou un bourg constitué de quatre ou cinq habitations.

Quand j’estime me trouver à mi-chemin, je m’autorise une pause. Comme d’habitude, je sors mon réchaud et me prépare un café sans savoir qu’à moins d’une heure de route, je rencontrerai une auberge. Je m’y octroie un thé pour pouvoir utiliser les commodités.

Quatre heures pour rejoindre les faubourgs d’Oloron Sainte-Marie; 19 kilomètres. Un thé, un café et une grande bouteille d’eau sont consommés en cours de route. Je passe un petit pont qui enjambe une rivière très mouvementée, le gave d’Ossau, et je me dirige vers le centre de la cité.

Le gave d'Ossau - Oloron Sainte-Marie (c) Alain Demaret 2018

Oloron Sainte-Marie

Aux environs de midi trente, je m’arrête dans un petit resto devant lequel sont garés plusieurs camions. Je prends le plat du jour pour une dizaine d’euros. Le gars assis à côté de moi transporte du bétail. Il me demande où je vais et s’intéresse un peu à mon histoire. Il me conseille de rallier l’Hôpital Saint-Blaise, car un refuge dédicacé aux pèlerins de Saint-Jacques y est ouvert. Selon lui, cela me prendrait environ trois heures de marche. Je consulte ma carte et j’évalue que c’est faisable. En route donc.

Après Arudy, je quitte Oloron Sainte-Marie en direction de l'Hôpital Saint-Blaise (c) Alain Demaret 2018Je traverse un autre pont, sur le gave d’Aspe cette fois-ci. Un peu plus loin, les deux torrents confluent pour former le gave d’Oloron. C’est à moins d’un kilomètre de l’endroit où je me trouve, mais je ne le saurai qu’en essayant à nouveau de me repérer, dans une dizaine de kilomètres. Dommage, cela m’aurait plu d’assister à la naissance d’un cours d’eau. Ah oui, pour la petite histoire, je me balade au cœur du Béarn, le pays de la Béarnaise. En voyant le panneau indiquant l’Office du Tourisme du Haut Béarn, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire. Ben voilà quoi, on ne se refait pas !

Un raccourci bienvenu

Me voilà donc sur départementale 936. Ici, pas de flèches, pas de repère pour aller à la prochaine étape. Le chemin de Compostelle est juste une direction avec tous les trajets possibles pour y parvenir. J’avoue que je n’ai pas choisi le plus beau parcours. Je déambule dans une zone commerciale où grandes surfaces avoisinent des ateliers d’artisans. Ensuite, ça ne s’arrange pas. Je traverse le parc industriel de la ville. La route s’en va, longue et toute droite. Seul une bande de gazon me sépare d’une circulation assez dense et qui me semble bien nerveuse. Une parenthèse bien monotone dans cette journée ensoleillée et pleine de surprises.

Me voilà sur la route de Bayonne, je vois un embranchement qui m’a l’air beaucoup plus sympa et je m’engage vers Orin, Géronce et Saint-Goin. Le paysage devient plus sauvage, la chaussée est moins encombrée et en plus, ce chemin me fait gagner deux ou trois kilomètres. Ici, les maisons sont construites avec de gros cailloux puis blanchies à la chaux. Dépaysement garanti !

J’arrive au Geüs-d’Oloron un peu avant 16 h 00. J’aurais bien voulu savoir comme ça se prononce, mais la rue est désespérément vide à cette heure-là et je ne croise personne à qui demander.

L’Hôpital-Saint-Blaise

L'église de l'Hôpital-Saint-Blaise (c) Alain Demaret 2018
La chapelle du village, joyau de l’architecture romane du XIIe siècle, fait partie du Patrimoine Mondial de l’Unesco au titre des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle depuis 1998.

Un panneau m’annonce l’Hôpital Saint-Blaise. J’arrive dans le village en fin d’après-midi. Juste à temps pour apercevoir la guide du principal monument de l’entité et me procurer le précieux cézame qui m’ouvre la porte de mon hébergement pour la nuit.

L'Hôpital Saint-Blaise et son église classée au Patrimoine de l'UNESCO
Hôpital-Saint-Blaise (c) Alain Demaret 2018
Un écrin de qiétude au milieu de la nature (c) Alain Demaret 2018

Au cœur de la commune, on se trouve en présence d’une magnifique chapelle de la Renaissance entourrée de quelques maisons. Deux restaurants et un bâtiment municipal complètent l’ensemble. C’est là que l’on a établi le gîte pèlerin. D’une capacité de huit lits, j’ai eu la chance de l’occuper à moi seul. Pour prétendre à une bonne nuit de sommeil dans l’établissement, il convient, comme je viens de l’écrire, de s’adresser aux guides de l’église Saint-Blaise, muni d’une crédentiale.

Ce n'est qu'un au-revoir l'Hôpîtal-Saint-Blaise (c) Alain Demaret 2018L’endroit se love dans un écrin de charme, il respire la quiétude. On s’attend à tout moment à rencontrer un “manant” tout droit sorti d’un film historique sur le moyen-âge. Mais pourquoi cette magnifique chapelle trône-t-elle là, au milieu de nulle part ?

Un peu d’histoire

Quand j'arrive à l'Hôpital Saint-Blaise (c) Alain Demaret 2018L’actuel village, qui compte moins de 80 habitants, se situe sur la route qui, vers le XIe ou XIIe siècle, reliait la Navarre au Béarn. À l’époque, les moines de l’Abbaye de Somport ont construit un hôpital pour venir en aide aux voyageurs. Une chapelle y a été rapidement accolée. Les premiers écrits qui mentionnent cette chapelle datent de 1216.

Plus tard, l’Hôpital Saint-Blaise devient une commanderie. Elle possède un moulin, des écuries et dispose un troupeau. Prêtres et laïcs participent à son entretien et à l’accueil des voyageurs. Au fil du temps la route devient moins populaire, l’hôpital est abandonné avant de disparaître à la fin du XVIIe siècle.

La communauté de la commanderie fait place à une population exclusivement civile et se regroupe autour de la chapelle, devenue église. C’est ainsi que je marche dans les pas des anciens pèlerins et voyageurs.

Personnellement, j’ai été conquis par l’architecture du village, par son agencement et par l’ambiance qui s’en dégage. On déboule là après avoir traversé une campagne bucolique à souhait. Il n’y a rien qui prépare le marcheur que je suis à arriver dans un tel décor. C’est simplement somptueux comme impression. Je suis content d’être parvenu à destination en fin de journée et pas dans la soirée. Car dès la nuit tombée, il y a très peu d’éclairage public. Tout est noir et les bruits de la région se font intrigants.

Subsitance

Revenons à des propos plus terre-à-terre. D’Arudy à l’Hôpital-Saint-Blaise, j’aurai marché un peu moins de neuf heures. En arrivant à destination les choses se sont plutôt bien goupillées. On peut s’occuper de l’hébergement à l’entrée de la chapelle (pendant les heures d’ouverture) où auprès du maire.

Le restaurant propose un menu du pèlerin qui est fort copieux pour une quinzaine d’euros. L’établissement était fermé, mais on m’a quand même préparé un plateau très complet que j’ai pu emporter au Gîte de pèlerins.

Pour le petit déjeuner du lendemain, ce fut beaucoup moins glamour. L’hébergement propose un distributeur automatique de boissons et de friandises. Pas très élégant, mais suffisant.

L’étape en pratique

Logement

Gîte pèlerin de l’Hôpital Saint-Blaise
Le bourg
64130 L’Hôpital Saint-Blaise
Tél. : 05.59.66.07.21
E-mail : hopital-saint-blaise@wanadoo.fr
Ouverture : du 1er mars au 30 novembre
Tarif : 14 € par personne et par nuit
Le gîte pèlerin de l’Hôpital Saint-Blaise

 

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